Les façons culturales

LA PLANTATION

L‘installation des arbres truffiers est réalisée sur un terrain dont le sol présente les caractéristiques agronomiques favorables vérifiées par l’analyse de terre (calcaire, pH 8, etc.), en bonne exposition (est, sud, ouest) et d’accès facile.

Ce terrain est préalablement labouré en totalité, s’il était précédemment cultivé (céréales, plantes sarclées), ou en partie (lignes ou trous à la main), s’il est occupé par une pelouse (prairie, friche, lande), car ce type de végétation correspond à un milieu où se forment habituellement des truffières naturelles (écosystème truffier).

Après le piquetage, sur la base d’écartements divers (6 m x 4 m soit 400 plants / ha ou 8 m x 4 m soit 300 plants par ha), on installe des chênes pubescents et des chêne verts contrôlés mycorhizés par Tuber melanosporum, voire des noisetiers qui restent cependant très sensibles aux contaminations. D’autres essences peuvent être employées en fonction du climat et des sols : chêne kermès, chêne pédonculé  » Michelin « , noisetier de Byzance. Les plants sont arrosés et désherbés pour favoriser leur reprise, protégés contre les lapins (filet), les sangliers (clôture électrique), les chenilles (insecticide) et les maladies (oïdium du chêne traité au soufre).

L’ENTRETIEN DU SOL EN ARBORICULTURE TRUFFIÈRE

Lorsque le milieu est peu contaminé, notamment par Tuber brumale, les façons culturales sont réalisées dans le but de favoriser la pousse des arbres truffiers jusqu’à ce que la production truffière démarre.

Le travail du sol est effectué à l’aide d’un outil à dents tracté (cultivateur, vibroculteur, griffon, herse rotative) entre les rangs ; avec un outil à main (trident, bigos) si possible auprès des arbres.

Ce travail a généralement lieu plusieurs fois par an de sorte que la pousse des herbes concurrentielles est totalement contrôlée. Le sol doit être ressuyé et la profondeur de travail limitée à 4 à 6 cm.

Lorsque la production truffière a débuté, il convient de limiter le travail du sol à un passage par an, en mars-avril, de façon à aérer le sol sur le point d’être envahi par le réseau mycélien. Avec un sol aéré et décompacté, les truffes sont plus grosses et moins sensibles à la sécheresse. En cas de pousse d’herbe en juin ou juillet dans les inter-rangs, un passage de girobroyeur permet d’éliminer la végétation en excès.

L’ENTRETIEN DU SOL EN PELOUSE CALCICOLE

Lorsque la plantation est réalisée dans un environnement boisé, il convient de choisir un itinéraire technique qui prévient les contaminations avec une étape, après la reprise des arbres (les 2 premières années), ne favorisant pas la pousse des arbres mais plutôt l’installation d’un milieu équilibré par rapport aux exigences de la truffe noire.

Au cours de cette étape précédant la production truffière, le contrôle de la pousse de l’herbe à l’aide du girobroyeur est préférable à un travail du sol régulier et plus ou moins superficiel, utilisant des outils à dents tractés.

Il convient donc de  » laisser agir la nature  » au moment où se forment les brûlés, comme cela était préconisé au 19ème siècle, au temps de l’abondance des truffes.

Plusieurs passages de girobroyeur peuvent être envisagés pendant l’année. A partir du moment où la production a débuté, le travail mécanique du sol, en mars-avril, peut être réalisé comme dans le cadre de l’arboriculture truffière. Cependant, sous les meilleurs arbres producteurs, le travail du sol peut être effectué manuellement (trident, bigos), ce qui permet ainsi d’éviter de casser des racine.